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Opération de Moulins-sur-Céphons : Les Vaux

Présentation générale

Le site des Vaux à Moulins sur Céphons (36) est découvert en 1984, à la suite d'une prospection aérienne réalisée par J. Holmgren. Après un premier sondage effectué en 1987 par Sophie Krauz, les premières fouilles débutent en 1998 par Tony Hamon. Le site des Vaux est constitué d'un grand bâtiment dont la longueur dépasse les 110 mètres de long et de trois autres petits bâtiments ; le tout enserré dans une palissade en arc de cercle. Le mobilier associé permet de l'attribuer à la culture d'Artenac qui s'étend entre 2900 et 2400 av. J.-C. Dans la sphère culturelle artenacienne, plusieurs bâtiments monumentaux construits sur le même plan (type Antran) ont été découvert ; celui des Vaux, se situe le plus à l'Est.

Etat d'avancement et des recherches :

Si les premières campagnes avaient pour but, la datation et le plan du bâtiment, la poursuite des recherches apporte chaque année son lot de connaissances tant sur la construction du bâtiment que sur son utilisation. En effet, les bâtiments monumentaux retrouvés dans le Centre Ouest auxquels le site des Vaux se rattache, ont fait seulement l'objet de prospection aérienne ou de fouilles préventives ; le site des Vaux est le seul à faire l'objet d'une fouille programmée actuellement en France, après l'ensemble de Pléchatel « la Hersonnais », Ille et Vilaine (Tinevez 2004).
Un incendie suivit d'une érosion ont conduit à détruire toute élévation du bâtiment, entre 2800 et 2600 av. J.-C. Les données que nous obtenons, sont apportées par la fouille des structures en creux comme les trous de poteaux par exemple, ainsi que par leur comblement et par l'étude du substrat environnant.
La fouille et l'étude de la stratigraphie des coupes de bermes et de trous de poteaux apportent des informations essentielles concernant la construction du bâtiment. La stratigraphie très lisible et très complexe des trous de poteaux permet l'observation de l'empreinte de la pièce de bois, ce qui permet par exemple, d'appréhender les questions d'élévation et de charpente et d'apporter des solutions jusqu'alors insoupçonnées pour un bâtiment aussi ancien.

Par ailleurs, la prise aux piège de fragments de sol, de murs, de charbons de bois, de restes carpologiques et de mobilier (céramique, silex…) au sein des comblements des trous de poteaux permet d'appréhender la question de la nature et la répartition des activités. Plusieurs études terminées ou en cours sont réalisées sur ces thématiques par des étudiants de Master ou de doctorat, inscrits dans les Universités de Tours, de Bourgogne (Dijon), de Paris I et de Montpellier. Concernant le mobilier céramique, le travail a porté sur la répartition des céramiques au sein de l'habitat, ce qui permet de distinguer des zones de stockage des denrées ainsi que sur l'analyse pétrographique des pâtes afin de déterminer leur origine. L'étude du silex porte sur les aspects technologiques et fonctionnels des outils ; l'étude de la répartition des éclats et pièces apportent des informations sur les espaces spécialisés. Par ailleurs, l'identification des carporestes ainsi que leur localisation permet d'appréhender les questions relevant de la consommation alimentaire et de la conservation des denrées. Enfin, l'étude menée sur les éléments de terre crue brûlée est la première de ce genre pour le Néolithique dans la moitié Nord de la France. Elle aborde les thématiques concernant les itinéraires de la construction en terre et bois (choix des matériaux, techniques de préparation et de mises en œuvre).
Enfin, l'ensemble des recherches sur le bâtiment des Vaux conduit à effectuer des comparaisons avec les bâtiments du même type.

Formation :

Chaque été (01/08 au 30/09), une campagne de fouille programmée est organisée. Elle accueille principalement des étudiants venant des universités françaises voire parfois même de l'étranger afin de découvrir ou approfondir l'organisation d'un chantier avec les activités relevant de la fouille (fouille, relevés, enregistrement des données) ainsi que de la gestion du mobilier (lavage, marque, remontage, dessin).
Par la même occasion c'est plus d'une quarantaine de personnes qui se renouvellent durant deux mois sur ce chantier dans le Berry. Cette équipe composée en grande partie d'étudiants dont certains viennent de l'étranger, découvre par la même occasion, le département et les possibilités touristiques. Certains reviennent en famille redécouvrir ce département, après avoir eu l'occasion de travailler avec nous.

Valorisation :

La présentation dans le cadre de colloques (INTERNEO…), de journées d'actualité de la recherche et de séminaires permettent de présenter les avancés des recherches aux collègues et de faire connaître ce gisement à un niveau international. De même, des expositions comme celle présente dans une salle réservée par la mairie de la ville de Levroux contribue à la communication des travaux envers le grand public dans le but de mieux faire connaitre ce gisement qui reste exceptionnel par son niveau d'étude.

Contact : Tony Hamon